Concours Reine Elisabeth Finales 4e soirée

Nous entamons le deuxième moitié de ces finales qui ne nous ont pas encore permis de désigner un 1er lauréat potentiel. La révélation de ce Concours se fait attendre, même si je reste sur mes impressions enthousiastes à propos de Rémi Geniet.

Liu YUNTIAN (Chine) nous restitue la Sonate op.10/3 de Beethoven avec lourdeur, les forte sont écrasés . Pauvre Beethoven. Le Concerto op. 23 de Tchaikovsky est l’objet d’une fougue non contrôlée , ce qui pose quelques problèmes de synchronisation avec l’orchestre. Yuntian vise l’effet immédiat , tout est précipité et le 3e mouvement est une véritable course contre la montre. Pauvre Tchaikovsky.

Pourquoi, lorsque l’on a sa technique , perdre son crédit musical à impressionner son public avec des tours de magie de mauvais goût. L’interprétation musicale fait aussi appel à l’intelligence. Il est fréquent que des pianistes doués font des démonstrations techniques lors de concours. Il n’est pas le seul. Mais le jury(en principe) n’est pas dupe.

Andrew TYSON pourrait bien être le sauveur de ce Concours. Nous avons trouvé , grâce à lui, un moment de bonheur intense. La Sonate en fa majeur K.533 de Mozart est un pur joyau. C’est musical, raffiné, poétique. Le climat apollinien par excellence comme dirait Nietzsche. Il faudrait entendre Pires ou Virsaladze pour retrouver pareil bonheur. Il avait choisi le 2e Concerto de Rachmaninov pour terminer sa prestation. Une première remarque s’impose: de la première à la dernière note, il chante. Ce n’est pas si évident. Là où d’autres s’étalent dans les passages plus lents, affadissant le discours, lui il avance, ce qui n’enlève rien à l’expression. On ne peut rien lui reprocher…..c’est un sans faute. Voici un candidat sérieux à la première place.

Marc Castelain 30 mai 2013

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