Concours Reine Elisabeth Résultats

Les lauréats sont connus. Vous trouverez la liste complète sur le site du Concours: www.cmireb.be

Je me suis mouillé dès le début en désignant mon favori: REMI GENIET. Je suis heureux de sa seconde place. Il aurait brigué la 1er s’il avait choisi un autre concerto que le 3e de Rachmaninov. Mais, vu son jeune âge (20 ans) , une belle carrière s’ouvre devant lui. C’est le seul lauréat à avoir fait le circuit sans fautes. Je vous ai relaté durant ces trois semaines, ses qualités tant musicales que techniques sans oublier son intelligence. Sa deuxième place est bien méritée.

Le premier lauréat est Boris GILTBURG (Israël) . Je suis assez étonné car sa Sonate de Liszt en demi-finale avait déjà les mêmes faiblesses que son 3e de Rachmaninov en finale, un discours désarticulé, beaucoup d’effets à court terme, un style emphatique une cadence où il s’étend trop longuement. Bref, les caractéristiques qui doivent plaire aux dames de par ce côté langoureux. Je regrette cette pensée si fragmenté qui a plu semble-t-il aux dames mais aussi au jury. A son crédit, il faut rendre hommage à sa version de l’imposé et malgré tout ce que je viens de souligner, c’est un excellent musicien.

Mateusz BOROWIAK a fortement impressionné avec « Gaspard de la Nuit » en demi-finale. Sa dernière prestation a fait retomber l’enthousiasme. Décidément, il y aura toujours des surprises lors des proclamations.

La 4e place de Stanislav KHRISTENKO est juste. Ce pianiste que j’ai entendu au dernier Concours de Pretoria en 2012 où il avait été second a rempli son contrat. C’est un pianiste équilibré, sans fantaisie mais qui construit admirablement les oeuvres qu’il présente.

Zuo ZHANG est 5e. C’est une réelle personnalité douée comme pas deux. Sa technique est fulgurante son style personnel. Elle n’hésite pas à prendre des risques. Elle a du caractère. Une artiste qui ne ressemble pas aux autres. Comme on les aime.

Andrew TYSON méritait mieux que la 6e place. Mais au détriment de qui ? C’est difficile à dire. J’aimais beaucoup son approche du clavier. C’est un musicien pur. Il défend le compositeur qu’il joue et ne se met jamais à l’avant-plan contrairement à Giltsburg. J’espère qu’il n’est pas trop déçu car il avait son fan club au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Avant de clore ces « billets d’humeur » consacrés au Concours Reine Elisabeth, je veux souligner la performance de Marin ALSOP qui a dirigé toutes ces finales. C’est une tâche ingrate mais si importante , car suivre ces jeunes instrumentistes, nerveux et parfois trop peu expérimenté n’est pas facile. elle s’est acquittée de son contrat avec brio. quant à l’ Orchestre National de Belgique, il lui faut encore quelques années avant de devenir ce qu’il était à l’époque de Cluytens. il y a trop d’imperfections, trop d’attaques imparfaites, les bois, les cuivres laissent à désirer. Il y a encore du travail de ce côté.

Et enfin, je souhaite souligner l’organisation exemplaire du team du Concours. Si la réputation mondiale du Concours est celle que l’on sait, ils y sont aussi pour quelque chose. Bravo à tous.

Marc Castelain 2 juin 2013