Concours Reine Elisabeth 2014 Chant Finales 28 mai

Première soirée des finales , au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Quatre soirs à raison de trois finalistes par soirée, nous arrivons ainsi à douze, proclamation après la dernière soirée, samedi.

Le décor est planté, l’orchestre de la Monnaie sera placé sous la direction de Roland Böer. Il revenait à la belge, Jodie Devos d’émettre les premières notes dans cette superbe salle conçue par Horta. Jodie avait fait une prestation remarquable lors des premières épreuves et elle confirme ce soir qu’elle sera candidate pour les places d’honneur. Sa voix de soprano colorature maitrise parfaitement son art et elle a intelligemment choisi son répertoire, celui qui met en valeur ses qualités vocales et musicales. Soulignons encore la perfection du détail obtenu aussi bien dans Mozart que dans R. Strauss. Elle se promène avec aisance dans tous les styles et en exprime les émotions. Bravo, Jodie, c’était un parcours sans fautes.

Emöke Baràth (Hongrie)  soprano elle aussi , devait suivre la prestation de Jodie Devos. C’est ingrat mais son répertoire n’entrait pas en concurrence avec le précédent. Ce n’est pas une colorature et elle a choisi des airs plus proches du récitatif. Ses qualités sont moins extérieures mais la façon dont elle mène sa ligne mélodique est très sensuelle. Ses sonorités sont suaves et elle a une perception intelligente de la musique. Je l’avais remarquée lors des éliminatoires où on avait fait état de sa musicalité.

Comme je l’écrivais après les éliminatoires, Levente Pall, a bénéficié du règlement qui fixe à douze le nombre de finalistes. Je me suis ennuyé durant les premières épreuves ce qui est un indice qui ne trompe pas. D’abord, il ne chante pas avec ses tripes, de là, le manque d’intérêt pour l’auditeur. Mais ce soir, La note sera salée car sa technique vocale est déficiente, il force sur la voix, le timbre est inégal, il ne possède pas les notes les plus graves de la partition qu’il a choisie. il faudrait qu’il distingue les gros effets postiches de la puissance vocale véritable. Je crains qu’on ne le retrouve pas parmi les élus.

Beau travail de l’ Orchestre de la Monnaie et son chef, Roland Böer, mais un rien de discrétion serait parfois le bienvenu afin de ne pas écraser le chanteur.

Marc Castelain 28.5.2014