Rafal Blechacz à Bruxelles

Il y a 9 ans, il remportait le Concours Chopin à Varsovie. Je n’y étais pas , je suppose qu’il méritait cette distinction. Mais remporter un Prix est une chose, rester à la hauteur est bien plus difficile. J’avais entendu Blechacz peu de temps après son triomphe à Varsovie, je le voyais en successeur de son compatriote C. Zimmerman. Je n’ai pas été convaincu pas sa prestation bruxelloise. Ce 2 juin, le voici de retour. Son programme débute pas la Sonate K. 311 de Mozart suivie par la Sonate « Pathétique » de Beethoven. Les notes y sont, d’accord, mais que ce jeu est plat, lourd, sans surprise ni inventivité. Il base son discours sur des contrastes sonores qui n’ont aucun rapport avec le texte originel. Et son mouvement lent de Beethoven manque de chaleur. souvent il joue mais n’a rien à dire. En seconde partie, le must: Chopin. Le Nocturne op. 32/2 est trop rapide , trop lourd; on ne perçoit pas le sens des phrases tant il change inopinément de dynamique. Certes, il est facile de faire des ppp surprises mais il brise la continuité du phrasé. Je pense à la remarque faite un jour par A. Rubinstein : » il joue Chopin comme si ce n’était pas un grand compositeur », on pourrait l’appliquer à Blechacz. Bref, je crois que notre pianiste de la soirée vit sur son Prix Chopin mais qu’une lente érosion fera immanquablement son oeuvre. Il ne sera pas le premier à sombrer dans l’anonymat alors qu’une autre génération prendra la relève. Et si je me trompe ? Tant mieux pour lui alors.

 

Marc Castelain  Bruxelles le 2 juin 2014