La Flûte enchantée à Sydney

Non, ce n’est pas un nouvel opéra mais Mozart rencontré à Sydney. Un des opéras les plus populaires du répertoire l’est aussi dans l’hémisphère sud mais à sa manière.

Le monde entier connaît la superstructure de l’Opéra et nous sommes heureux d’y pénétrer une fois de plus. Les surprises ne se font pas attendre. Je vois sur l’affiche que c’est chanté en anglais , de quoi me faire bondir. Serait-ce ici le dernier endroit au monde où on chante dans la langue du pays ? Je suppose que les chanteurs sont locaux car peu d’interprètes vocaux s’adonnent encore à ce sport. Mon énervement passé, je pénètre dans cette salle superbe avec une vue unique sur l’océan , la quiétude revient. Je constate que la salle est remplie, même chanté en anglais ou parce que chanté en anglais. Mais j’ai failli m’évanouir quand je vois sur le programme que c’est un raccourci qu’on nous propose , un digest en quelque sorte. Et là où on trucide Mozart c’est l’Ouverture qui se résume à la deuxième et troisième note du premier accord. Le premier accord (longue note) est omis. La suite ? Pas d’ouverture. Là je sens une terrible frustration m’envahir. Et tout le reste est servi à la même sauce.

Mais il me faut me remettre en question. Mozart a bien écrit cet opéra pour un théâtre de banlieue , populaire. c’est vraisemblablement un retour aux sources. Toujours est-il que le public applaudit frénétiquement après chaque air. Comme au Théâtre « An der Wieden » sans doute. Mais je ne crois pas que Mozart n’amputait pas son oeuvre. Alors ? Moi, méchant canard ? Quand je vois le succès de la soirée, je me dit que c’est une approche graduelle d’un large public à un opéra qu’il entendra sans doute plus tard mais en se disant que ce n’est plus le même opéra.

La distribution n’avait rien d’éclatant, John Longmuir (Tamino) et Taryn Fiebig (Pamina) se distinguaient toutefois.Quant à la Reine de la Nuit, disons qu’il y a mieux, je suis gentil. Mais tout mélomane averti attend cette dernière dans ses deux airs. Pauvre Sarastro, il n’avait pas la voix pour défendre ce rôle. La mise en scène étai signée de Matthew Barclay d’après la production originelle de Julie Taymor. J’avais déjà entendu l’orchestre dans de plus mauvais jours mais je trouvais sa prestation très honorable, la direction de Anthony Legge disons , aussi.

 

Marc Castelain. Sydney 2 janvier 2015

 

 

 

 

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