Sydney Symphony Orchestra

Huit jours après avoir entendu le SSO, je reviens entendre un programme des plus intéressants intitulé: « Romantic Visions ».

Le SSO est dirigé ce soir par Matthias Pinscher, chef que je ne connaissais pas. Pour commencer la soirée: « Siegfried Idyll » de Wagner. Quelle ne fut ma surprise en découvrant toute la splendeur des cordes du SSO . Je ne reconnaissais pas l’orchestre que j’avais entendu huit jours auparavant. La pate sonore des cordes est d’une chaleur émouvante. Je découvre un enchaînement des harmonies wagnériennes avec tout ce que ce magicien de l’orchestre y a mis. Interprétation sans spectacle, seule la musique se déroule avec simplicité. J’applaudis Matthias Pinscher. Les mêmes interprètes sont rejoints par Peter Serkin pour le 3e Concerto pour piano de Bartok. Peter Serkin a un lourd bagage à porter . Est-il Peter Serkin ou le fils de Rudolph Serkin ? Ce n’est pas un nom facile à porter.

Son interprétation de Bartok me laisse pantois. Interprétation personnelle, oui ,mais pourquoi mettre des accents aussi marqués , pourquoi disloquer son discours ? Il manque un sens de la cohésion à son interprétation ; en fait, on ne sait pas où on va. Je l’avais entendu auparavant , il y a quelques années et j’avais déjà eu les mêmes réflexions. Et s’il ne s’était pas appelé Serkin, aurait-il eu une carrière ? Mais deux jours plus tard, il donne un récital, je dois y aller.

En deuxième partie de soirée, on retrouve Matthias Pinscher et le SSO dans le Quatuor à clavier op. 25 de Brahms dans l’orchestration d’ Arnold Schoenberg. Ici, c’est l’enchantement, je découvre un orchestre superbe , digne des meilleures formations symphoniques. Les cordes d’une cohésion parfaite , chaleureuses et lyriques comme Brahms peut l’être. Et je réalise qu’avec un bon chef, cet orchestre est magnifique. Que ce soient les cuivres, les bois, tout nous enchante. Pinscher a fait un travail merveilleux et il nous réconcilie avec cette formation. Je reviendrai écouter le SSO , ce soir il pouvait se comparer aux plus grands. Toute mes félicitations pour ce travail accompli et le plaisir qu’il m’a procuré.

 

 

Marc Castelain

Sydney 18 mai 2015