Peter Serkin

Récital Peter Serkin à Sydney

Peter Serkin

Peter Serkin

Je vous ai dit à quel point j’avais été déconcerté par la prestation de Peter Serkin dans le 3e Concerto pour piano de Bartok. Deux jours plus tard , il se produisait en récital. Je voulais confirmer mes impressions ou constater que je m’étais trompé ou que je n’entendais pas.

Le programme est assez curieux , le tout est de le défendre. Serein commence avec un « Ave Christe » d’après Joaquin, remanié par Charles Wuorinen. Il enchaîne ensuite avec un Capriccio de Sweelinck, Ut,re mi fa sol  la, une gigue de John Bull, Pavana de Dowland/Byrd et « La Volta » de Byrd. Avouez que c’est assez inhabituel pour un récital de piano. On croirait une soirée consacrée au luth ou clavecin. Mais pourquoi pas ?

Serkin joue tout avec partition , ce qui ne dérange pas mais…on y trouve peu de fantaisie, il n’a pas l’air d’y prendre goût et il restitue le tout à mourrir d’ennui. Pas de couleurs, tout est morne, ses pp n’ont pas de timbre. Il fallait un talent comme celui de Rosalyn Tureck pour sortir toute la couleur de ces partitions, cette partie de soirée était mortelle d’ennui. Le fait de jouer avec la partition ajoutait à l’impression d’une lecture à vue que tout élève de Conservatoire était capable de réaliser. En fin de première partie, nous avons eu le privilège d’entendre « Thème et Variations  » de Carl Nielsen. Ce que le temps peut être long quand on s’ennuie. Impossible de suivre la progression de la musique. Comme dans le Bartok d’il y a deux jours, son discours est incohérent. Le son est éteint (lui aussi) , il joue du piano mais ne dit rien. Il a vraisemblablement in problème de communication. Je suis convaincu qu’il y a moyen de faire autre chose avec cette partition. Après Nielsen  viennent trois pièces extraites de « Aus meinem Tagebuch » op. 82 de Max Reger . Serkin reprend sa partition…..Si je devais caractériser ce jeu, je dirais qu’il avance par petites séquences sans suite entre elles. Enfin, le Rondo K. 511 de Mozart, dont il expose le thème avec trop de maniérisme. Mais tout a l’air si triste, aucun rayonnement . Pour clore cette (trop) longue soirée,la Sonate op. 109 de Beethoven avec des contrastes non justifiés musicalement ( comme dans Bartok, il y a deux jours) , son mouvement lent l’est trop, trop soporifique ; il prend des libertés avec le texte (rythmes), son discours n’avance pas. Quand je pense qu’il se produit dans la série « International pianists  in recital » aux côtés de Louis Lortie, Yuja Wang et Kirill Gerstein….

 

Marc Castelain

Sydney, 18 mai 2015