AUSTRALIAN CHAMBER ORCHESTRA

Australian Chamber Orchestra

Cet orchestre proposait un programme original ce qui m’attire toujours. En guise de mise en doigts, la Symphonie pour cordes n°9 en do majeur de Mendelssohn. Composée à l’âge de 14 ans, ces pages sont intéressantes vu l’âge du compositeur mais constituent plutôt une curiosité. L’Orchestre se produisait uniquement composé de ses cordes. Je parlais d’apéritif…..mais l’ Ensemble l’a défendu ce soir comme si l’oeuvre était importante dans l’output du compositeur. Et effectivement , cela nous a permis de découvrir des cordes superbes . L’orchestre joue debout animé par le violon principal, Satu Vänskä laquelle entraîne son Ensemble dans un parcours enchanteur. Rien que le mouvement lent , avec ses sonorités diaphanes, sa sérénité valait le déplacement. La cohésion des cordes est étonnante. Suivait le « Grand Duo Concertante » pour contrebasse et violon dans un arrangement de Rofe. Le  soliste, Maxime Bibeau, est en parfaite harmonie avec l’orchestre . On n’entend pas assez souvent ce type de répertoire. Les musiciens tirent profit du charme et de l’élégance de la partition sans tomber dans le mauvais goût que pourrait engendrer Bottesini. Nous avons eu droit à un arrangement pour orchestre à cordes de la « Sérénade italienne » de Hugo Wolf. Nous avons retrouvé toutes les qualités de cet orchestre. Un ensemble merveilleux, des sonorités divines, un enthousiasme communicatif, une lecture fouillée de la partition, une dynamique allant du pp au ff , une structure bien charpentée des partitions. Cet Orchestre est tout simplement génial. On a l’impression que chaque musicien est un soliste mais qu’ils se fondent en une seule couleur et pensée. Il s’agit d’un travail étonnant. Toutes ces qualités se retrouveront dans le Concerto pour violon op. 64 de Mendelssohn , arrangé par Tognetti, avec Stefan Jackie en soliste. Violoniste prodigieux accompagné par un Orchestre prodigieux, nous étions au ciel.

J’ai rarement entendu un orchestre de chambre aussi parfait , aussi musicien, aussi charismatique. Chaque musicien de cette phalange mériterait que l’on cite son nom….L’ Orchestre de Chambre d’ Australie nous a démontré qu’il pouvait jouer dans la cour des plus grands.

Le public ne s’est pas trompé, il a réservé un véritable triomphe à « son » orchestre, triomphe auquel je me suis associé sans réserve.

 

Marc Castelain

Sydney , 23 mai 2015